NICARAGUA 2003

Horaire prévu (version espagnole et francophone)

Témoignages des participantes
 

 

Photos de l'arrivée!!!!


Quelques jours avant le départ...

Oufff!!! Comment je me sens 10 jours avant de partir pour cette " aventure "…. C’est vraiment difficile à expliquer. Dans mes journées, je peux vivre toutes sortes d’émotions. Des bouts, j’ai énormément hâte, l’heure d’après je peux aussi bien être en train d’angoisser et ensuite être vraiment dans ma bulle en train de songer à ce qui m’attend. Chose certaine, c’est qu’il n’y a pas 5 minutes qui passent sans que j’ai eu la moindre pensée à ce sujet. C’est sans parler de la peur que j’ai d’avoir peur dans l’avion….. oui oui…. J’ai peur d’avoir peur!!!

J’ai peine à m’endormir chaque soir en sachant que bientôt je serai plongée dans le pur inconnu. De plus, je sais qu’à mon retour, même le lit dans lequel je me trouve, je ne le verrai plus de la même façon.

Malgré tout, mon goût de faire ce stage humanitaire s’intensifie de jour en jour et j’essaie d’entretenir de mon mieux la confiance que j’ai en la vie.

Laurie Morvan-Houle

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Hola a todos !

Exactement 13 jours avant que le grand jour arrive !!! Ouf ! Ça vient vite ! Que dire de ce qui se passe dans ma tête et dans mon cœur ?!? Il y a 3 sentiments particuliers qui m’habitent, dont la hâte, la peur et la désolation. Plusieurs petites craintes me hantent comme celle de la langue et de la fatigue. Je crains d’arriver là-bas et de ne pas comprendre ce qu’on me dit et de ne pas être capable de m’exprimer comme il le faut en espagnol. J’ai peur d’être fatiguée et de ne pas pouvoir suivre le groupe donc, de ne pas retirer le maximum de mon stage. J’ai hâte au 15 février, à 12h30, ce sera le grand moment que j’attends depuis déjà un an, je vais me lancer dans l’aventure, dans l’inconnu. Stressée d’arriver dans une toute autre culture, une autre langue, je suis certaine que nous allons vivre une belle expérience et apprendre énormément de celle-ci. Je suis rassurée car ça fait déjà 7 ans que ce projet existe dans notre école. C’est en fin de semaine que nous avons participer à notre dernier camp, nous étions tous très désolé, mais nous savons tous que le plus gros est à venir (le stage même et le retour). On dirait que je ne réalise pas que je vais avoir les 2 pieds au «NiC» dans 2 semaines. J’ai bien beau voir mon passeport, faire ma valise, mais non… !!! Attendez la journée du départ, je ne tiendrai plus en place !

Un merci tout spécial à Dan, Frisou et François car c’est grâce à vous que nous avons l’opportunité de vivre cette belle expérience !!!

Es el tiempo de dormir !                                                                                                                                                                                                                                              Parm  -xx-

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Dire qu’enfin notre rêve va se réaliser…  On peut presque entendre les coqs chanter!  C’est bizarre, mais on dirait que je ne le réalise pas encore.  Pourtant dans moins d’une semaine, nous y serons.

Après neuf mois de préparation, certaines peurs restent et d’autres se sont dispersées.  Le stress commence à se faire sentir et une grande peur est restée, celle de ne pas être à la hauteur et de ne pas être capable de discuter avec ce peuple tellement chaleureux et qui a tant à nous faire connaître.

Malgré tout, j’ai la certitude que cette expérience me sera bénéfique et pourra faire de moi une personne plus humaine et plus compréhensive.  Les yeux et le cœur ouverts, je suis prête à savourer et capter tous les sourires, tous les gestes et tous les mots…

 Maggie Bussières


16 février 2003

Une cinquantaine de parents et amis-es étaient réunis hier soir à minuit pour le départ du groupe.  Tous étaient très anxieux et fébriles!!!  Selon les données des différents aéroports, tous les avions sont envolées selon l'horaire prévus.

Voici quelques photos des derniers jours. 


18 février 2003

Bonjour tout le monde!

 Nous voici déjà en terre nicaraguayenne depuis plus de 24 heures. Nous sommes seulement à l'étape des premières découvertes, mais nous avons tout de même quelques petites anecdotes à vous partager, histoire de vous permettre de vivre un peu de notre belle aventure.

Les aéroports... L'augmentation de la sécurité ne s'est pas du tout faite sentir. En fait c'est plutôt l'INSÉCURITÉ de nos filles qui nous a valu quelques émotions...

D'abord Laurie, qui a peine décollé de Dorval, lâche un grand cri dans l'avion (qui nous a fait entrer dans une zone de turbulences) en réalisant qu'elle avait oublié son dictionnaire français espagnol sur la table de la cuisine. Bien sur, elle ne l'avait pas oublié.

Cette même Laurie a cependant bien failli rester aux USA. A Dorval, on nous avait émis nos deux cartes d'embarquement, celle pour Montréal et celle pour Miami. Laurie a donné celle pour Miami a Dorval... et arrivée a Miami, il lui restait celle pour Dorval, que la machine électronique qui nous servait d'hôtesse a aussitôt rejeté. Par chance, la préposée s'est laissée convaincre par le petit bout de carte qui lui restait du premier vol... Je sens qu'on va en voir de toutes les couleurs!!!

Parlant des cartes d'embarquement, a Miami, notre lunatique nationale (Joe Annie) était convaincue avoir perdu la sienne et la panique approchait. Daniel, après lui avoir demandé si elle avait bien regardé dans ses papiers, a regardé a son tour et l'a trouvé immédiatement.

Parlant de notre décollage de Miami, la dernière fois que j'ai vu Sylvie changer de couleur aussi rapidement, c'est lorsque François lui a servi ses saucisses à la sauce piquante dans une sortie de plein air... Je pensais bien que son petit sac allait se remplir...

Juste avant ce décollage, voyant que l'avion reculait pour aller se placer sur la bonne piste, Andréanne nous a candidement demande si l'avion pouvait aussi voler à reculons... Sans commentaire!

Parlant des avions de American Airlines, ils doivent sûrement faire encore beaucoup de profit. Pour un billet de 800 dollars, nous avons eu droit à une barre tendre sur le premier vol et un paquet de bretzels sur le second... On pourrait lancer une compagnie aérienne pour financer nos stages, ça doit être payant!

Les vols se sont effectués sans retard et tous nos bagages ont passé les douanes sans encombre. Il n'y a que Jimmy avec son bandeau hippie qui s'est fait fouiller son sac 4 ou 5 fois. Santiago, Elvin, Marvin Ruiz et don Segundo nous attendaient à l'aéroport, avec un nouveau bus. Il semble qu'il faudra bientôt faire le deuil du fameux bus jaune, qui commence à coûter cher de réparations...

Après être parti de Nicolet a moins 25, ce fut tout de même agréable de sentir les 33 degrés de Managua, mais surtout de retrouver ces personnes qui nous sont si chères.

Arrêtés à la place de la révolution à Managua, pendant que quelques unes allaient aux toilettes, un jeune garçon est entré dans le bus pour faire une sauterelle avec un rameau de palmier. Il l'a offert à une des filles, Santiago lui a donné quelques cordobas, et il s'est mis a en faire d'autres qu'il continuait de donner. Les filles, n'ayant pas d'argent, insistaient pour ne pas les prendre, mais le jeune a fini par nous en laissé 3 ou 4, et a regardé le bus partir sans argent supplémentaire. La lutte pour la survie était dans le regard inquiet de cet enfant souriant... Allez vous me donner quelque chose, vous, les blancs? Est ce que je pourrai manger aujourd'hui? Bienvenue dans le monde du commerce informel et du travail des enfants... Déjà, 30 minutes après notre sortie de l'aéroport, les questions surgissaient, les émotions aussi...

Suite du trajet vers Nandaime, on débarque nos boites (pesant, du papier et des dactylos...), souper et dodo très tôt.

Notre bruiteur nocturne (Simon) continue d'agrémenter nos nuits de ses doux ronflements. Bonne stratégie, tout le monde a déjà hâte de partir en famille d'accueil. Nous demanderons de lui en trouver une avec une maman dure de la feuille, sinon ils vont nous le retourner au centre au milieu de la première nuit. Ce n'est pas peu dire, il enterre même les coqs!!!

Ce matin, le déjeuner était prévu à 7h30 et la première activité à 8h00. A 7h00, personne n'était debout. Je me précipite dans le dortoir pour réveiller tout le monde (Simon était en pause...), et lorsque je leur ai dit qu'ils devaient être prêts a partir dans 50 minutes, ils m'ont répondu: Non, dans une heure 50 minutes... J'avais oublié de reculer mon cadran d'une heure. Tout le monde était très fier de moi...

La très lourde Jasmine a réussi à défoncer son lit...

Mylène aura de la merde de cochon séchée sous sa sandale en souvenir du barrio...

Marie Michèle aura les marques des ferrures de la fenêtre de Sylvie sur le bras pour avoir déverrouillé sa porte de l'extérieur, Sylvie ayant oublié ses clefs dans sa chambre. Juste avant, elle avait passe un commentaire sur la maigreur des bras de Marie... Elle a ravalé ses paroles!

Parlant de Marie Michèle, elle détient le record de celle qui a garde le plus longtemps un pilule contre la malaria dans sa bouche avant de l'avaler: 47 secondes.

Sylvie a fait peur à une petite fille en voulant la saluer. La fillette s'est collée sur Mylène, jusqu'au moment ou elle a levé les yeux et s'est rendue compte que ce n'était pas sa mère...

Et Jimmy a dit qu'il préférait les coqs à 12 filles qui se réveillent en même temps. Il n'est pas fait pour les harems.

 Aujourd'hui, Marvin Ruiz nous a parlé des projets du centre, que nous avons ensuite visités. Nous devions avoir un échange avec les caminantes del amor, mais il a été remis a vendredi, parce que seuls Fidia Soledad et Elvin se sont présentés... Nous sommes bel et bien au Nicaragua. Mais c'est bien ainsi, notre gang sera plus sure en espagnol et l'échange n'en sera que plus riche.

Nous avons aussi eu un cours de habla nicaraguense (parler nicaraguayen) avec Marvin Bustos. Les filles voulaient apprendre des gros mots en espagnol, à la place on leur a enseigné comment demander si elles pouvaient aider à balayer le plancher... Il y a quand même des limites!

 Une journée légère, une journée d'acclimatation, mais qui nous permet déjà de voir que notre groupe a beaucoup envie d'entrer en contact avec les nicas. Les efforts sont visibles, ils veulent toujours aller vers les nicas dès que c'est possible, c'est beau de les voir aller. Et pour Sylvie et moi, c'est encore un immense privilège d'assister à leurs découvertes. Ils reviendront transformés, ils reviendront encore plus beaux, ce n'est pas peu dire!

 Demain, nous allons à la finca, nous aurons un vidéo et une conférence sur la révolution, et ce sera le premier souper dans les familles. Papillons dans l'estomac assurés!

Mercredi, travail dans les collectifs (boulangerie, hamacs, pharmacie et centre), cours de danse (j'exposerai encore mes immenses talents) et départ pour les familles. C'est promis, on prend plein de photos du transport des valises!

Nous allons très bien, le premier gallo pinto a été beaucoup apprécié.

Les gens de la Calera ont déjà vos lettres, par Walter qui est venu au centre dimanche soir parce qu'il avait hâte d'avoir des nouvelles!

 Bon, je vais rejoindre le reste de la gang qui sont allés assister à une partie de soccer dans laquelle joue la nouvelle équipe féminine du centre.

On vous revient bientôt!

 Gros becs à mes trois amours.

 Daniel

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19 février 2003

Note de François : J'ai mis en bleu les commentaires de Daniel, Sylvie en vert et les miens en rouge.  Ca commence!!!! 

Bonjour tout le monde!

 Au moment de vous écrire ces lignes, tous les jeunes du groupe sont en train de passer leur première soirée dans leur famille d'accueil...

Mais avant de vous parler de cela, je reprends où j'ai laissé dans le premier message.

 Mardi, nous sommes allés à la ferme du centre, à pied. Ca représente une marche de 80-90 minutes... sauf que cette année, contrairement à l'an passé, nous avons fait cette marche sous un soleil de plomb. Il me semble d'ailleurs qu'il fait en général plus chaud que lors des deux dernières années (ça me permet d'ajouter ici que j'espère que vous réussissez à dépasser les -20 l'après-midi!!!). Non Daniel, il fait chaud maintenant... Ils ont annoncé un répit jusqu'au 4 mars... après ils annoncent -35C sans le facteur vent!!!!

Parler de cette marche et la vivre, c'est deux choses différentes. Lorsqu'on commence à trouver son petit sac a dos lourd et qu'on croise une femme portant 60 livres (et Sylvie trouve que je n'en mets pas assez) sur la tête qui trouve la force de nous sourire et de nous saluer, on trouve soudainement son sac très léger... J'écris cela en me disant que c'est tellement banal lorsqu'on ne fait que lire ces mots sur un site internet, bien assis dans sa chambre ou son bureau...   Pardon, c'est pas banal de corriger ton texte! Pourtant, la réalité quotidienne des gens que nous croisons et côtoyons nous impressionne un peu plus chaque jour.

Nous sommes donc arrivés à la ferme, accompagnés de Elvin, et après un peu de repos, Ernesto, seul employé de la ferme, nous a fait faire le tour. Sylvie et moi trouvions qu'il avait un petit quelque chose que nous connaissions... jusqu'au moment où il nous a dit être le frère de Danilo! Un clone, avec quelques années de plus!  Même discours, même intensité, mêmes tournures de phrases!

Pour ce qui est de la ferme, la désolation est encore plus grande que l'an passé. Il n'y a plus de poulets, presque plus d'animaux (quelques oies, quelques chèvres, 2 boeufs, 2-3 cochons...) rien de semé. PAS D'EAU. Qu'est-ce qu'on peut faire dans une ferme sans eau?

Retour à pied, pour la plus grande joie du groupe.

Apres le dîner (la science-fiction, c'est que nous mangeons trois repas par jour, preuve que nous ne sommes pas nicaraguayens), nous avons visionné un document sur l'assaut final donne par les sandinistes pour renverser le dictateur Somosa.

Ensuite, nous avons eu droit à notre premier cours de danse folklorique. Je ne peux pas trop vous parler des merveilleux pas de Sylvie, elle est près de moi et filtre mes écritures...  Par contre, moi (Sylvie) je peux très bien vous dire que Daniel n'a pas danse UN SEUL PAS, il n'a fait que filmer l'ORGUEILLEUX. Il panique à côté de moi alors je lui rends le clavier avant qu'il ne fasse un delirium tremens...

En fait, ce qui me fait paniquer, c'est la lenteur de sa méthode à deux doigts... Comment se fait-il qu'il n'y ait pas un prof de science foutu de se servir d'un clavier comme du monde... Daniel, on ne passe pas notre temps à écrire des pétitions assis dans notre bureau et pratiquer notre doigté!!!  Nous on travaille, on enseigne!!!!  Et rien que pour cette phrase, je vais avoir 5 bleus supplémentaires sur le bras...  En passant Daniel, je t'ai déjà vu danser...tu fais bien de filmer...

Donc le cours de danse... On à dansé sur la Mora Limpia... mais je crois que Jimmy entendait dans sa tête de la Bottine Souriante... En tout cas, moi je souriais!!! Non, il se roulait par terre...   Vous voyez comme elle écrit!!!

C'était bien amusant de voir ces paires de cannes blanches essayer de suivre les belles jambes de Wilber et Fidia.

Ce cours fut suivi des très attendus conseils précédent le premier souper dans les familles, donnes par Marvin.

Puis les tremolos dans la voix et les papillons dans l'estomac, les jeunes sont partis avec leur famille. Comme d'habitude, tout s'est merveilleusement bien déroulé. On a eu droit au même piallage (entendre 15 jeunes poules parler en même temps de la gentillesse de leur famille, de ce qu'ils ont mangé, de ce qu'ils ont voulu dire, de ce qu'ils n'ont pas compris, des enfants qui leur sautaient dessus, etc, etc, etc) qu'à chaque année. Bref, tout s'est encore une fois très bien déroulé.

Petit changement pour nous, il n'y a plus de cuisinière au centre lorsqu'il n'y a pas de groupe. Sylvie et moi sommes donc allés manger chez Mayra, qui travaillait à l'entretien du centre l'an passé.

Aujourd'hui, mercredi, nous avons débuté la journée par une petite session de travail dans les collectifs du centre. Cinq jeunes sont allés a la boulangerie. Plus que les pains difformes qu'ils y ont fait, ils ont retenu leur très bel échange avec le responsable. D'ailleurs, Joe-Annie a pas mal plus échangé que travaillé... Cinq autres sont allés aux hamacs, où on commençait à faire les chaises blanches commandées par Spirale. Sylvie vient d'ailleurs de trouver une machette qu'elle tient sous ma gorge afin que j'écrive qu'elle s'est fait dire qu'elle était très intelligente et qu'elle comprenait très vite... On s'en reparlera sans machette un jour... Les cinq derniers sont restes au centre pour faire du ménage.

Puis dans l'après-midi, nous avons eu une TRÈS touchante conférence sur la situation des femmes, avec Nora et plusieurs autres femmes. Des souffrances à l'infini, une force incroyable, une espérance indestructible en même temps qu'une grande fragilité. Lorsqu'elles nous disent que les mois les plus difficiles pour elles sont de juillet a novembre parce qu'il n'y a pas de groupes qui viennent, et que notre présence leur donne de la joie et leur permet de mieux vivre (ce qui veut par exemple dire que leurs enfants peuvent manger le matin avant d'aller à l'école...), on se dit qu'on n'a pas le droit de les oublier.

Ensuite, nous avons fait notre première séance de jeux avec les enfants, au terrain de basket. Soccer, frisbee, corde à danser et crayons de maquillage font toujours la joie de la cinquantaine d'enfants qu'on réunit en quelques minutes!

Puis ce fut le vrai départ pour les familles, avec les pesantes et immenses valises... Oui, oui, on a plein de photos, vous pourrez voir ça!

Demain, nous allons à Agua Agria, vendredi à Managua et la fin de semaine se passe à la Calera (j'en entends plusieurs se dire "Chanceux!").

Côté santé, ce n'est pas du bluf, tout va très bien.

On vous embrasse tous très fort, on vous aime gros, pis on vous verra bien assez vite (D'accord!!!), pour le moment, on est tout entiers au Nicaragua!

On vous redonne des nouvelles bientôt!

 Daniel  

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21 février 2003

Note de François : Toujours pour mieux suivre, j'ai mis en bleu les commentaires de Daniel, Sylvie en vert et les miens en rouge.  Ca commence!!!! 

Voici le message du 21 février, qui est arrivé le 24...   C'est Sylvie qui nous l'a envoyé le 21 et il n'est jamais arrivé (à cause de ses lunettes bien sûr...).   Heureusement Daniel nous l'a retourné aujourd'hui

Bonjour tout le monde!

 La préoccupation première de Sylvie ces temps-ci: ses m... lunettes. Vous connaissez Sylvie, avec sa légendaire délicatesse, elle a casse ses lunettes en deux (et vient encore de me frapper) en les ESSUYANT! Wow! Vous devriez voir le résultat: réparations avec du tape gris et un bout de cintre. Un look du tonnerre. Elle se gratte continuellement, ajuste ses lunettes, et chiale sans arrêt. Elle est adorable!!!

C'est maintenant à moi la parole (Sylvie). Dan est étendu près de moi, je pense que je l'ai frappé trop fort ce coup ci... Sérieusement, il est allé reconduire 2 filles dans le barrio.

Hier, jeudi, nous sommes allés à Agua Agria. Nous avons eu un témoignage percutant (lire extrêmement touchant) d'un membre de la coopérative. Famille disceminée parce que certaines retournent au nord pour la facilité de la culture mais sans savoir s'ils seront vivants le lendemain à cause de la présence constante de la contra... Ceux qui sont restes ici ont préféré la tranquillité à la facilité de cultiver. Tout le monde respecte le choix de l'autre mais sans avoir de nouvelles. Les gens sont inquiets du sort de ceux retournés au nord. A Agua Agria, nous sommes allés chercher de l'eau et du bois de chauffage. Le plus gros seau d'eau était tellement lourd qu'il a fallu 4 transferts de personnes pour le transporter d'un point à l'autre (séparé  par environ 1 km) Habituellement, c'est une femme seule ou un enfant qui fait ce travail. On s'aperçoit qu'on est toujours dans la ouate au Québec sans savoir l'apprécier... De plus, une petite fille de 10 ans transportait son frère de 3 ans sur son dos pour venir à la source d'eau avec nous. J'ai pris son frère à mi-chemin dans mes bras parce qu'elle était en sueur. Je l'étais tout autant à la fin de cette petite marche. L'enfant et moi étions trempés à cause de la chaleur intense. Pour revenir, 3 filles se sont remplacés pour amener l'enfant. Quelle belle prise de conscience pour toutes et tous. Parce que les autres transportaient du bois, tout le monde avait donc une tâche. Nous sommes revenus la tête pleine de compassion et de questionnement sur l'injustice. L'espérance des gens d'Agua Agria? Manger 3 fois par jour d'ici 3-4 ANS... Vive la réflexion!!!

Aujourd'hui, nous sommes allés a Managua. Première étape, nous avons rencontres Eddy, travailleur social, qui nous a parlé de son travail avec les gens qui vivent du et dans le dépotoir (la Chureca). Un autre moment très émouvant avec ce responsable de l'ONG Dos Generationes. Je vous transcris une réflexion faite par Laurie au retour dans l'autobus:

 On arrive a la Chureca.  Ca pue. Il y a de la boucane noire que tout le monde respire. Il y a environ 1700 personnes qui y (sur)vivent et qui y travaillent. Les gens ont un regard inoubliable. Un regard creux...un regard vide et sans espoir. Eddy nous expliquait que ces gens compétitionnent entre eux pour trouver de la nourriture et même avec LES ANIMAUX. Ca veut donc dire qu'ils vivent comme des bêtes!!! Je me sens honteuse. Très honteuse. Je pleure... et eux ne pleure même pas. Mais la journée n'est pas finie...on s'en va dans la partie riche...

 Je vous laisse sur ce témoignage. De retour dimanche ou lundi par Internet.

Bonne fin de semaine!

 Sylvie qui vous embrasse très très fort XXXXXXXXXXXX 

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23 février 2003

Au moment où j'écris ces mots, ça fait précisément une semaine que nous sommes arrivés à Nandaime. Et il parait que vous êtes en pleine tempête de neige!

Le temps file tellement vite! Je viens de faire un téléphone au Québec pour les familles des jeunes, et la première chose que ceux-ci m'ont demandé de transmettre à leurs parents, c'est qu'ils sont bien ici et qu'ils n'ont pas hâte de revenir au Nord... en ajoutant bien sur qu'ils adorent leurs familles québécoises. Mais celles et ceux d'entre vous qui sont déjà venus ici savent à quel point l'accueil des gens du Nicaragua est chaleureux et comment on se sent vite chez nous. D'autant plus qu'on vient de revenir de La Calera, le paradis de l'accueil et de la chaleur humaine!

Je reprends où Sylvie a laissé lors du dernier mail, je vous donne donc la suite de notre journée à Managua. (Hum...je crois que Sylvie n'est pas encore capable d'utiliser le courrier électronique car je n'ai jamais reçu ce courriel...)

Après la marche dans la Chureca (dépotoir municipal de Managua), nous sommes allés... manger au restaurant! Il doit y avoir un serveur qui se demande pourquoi les québécois pleurent autant et mangent si peu...

El Malecon, l'endroit où nous allons traditionnellement manger à Managua, a changé. Déjà, les transformations étaient débutées l'an passé. La terrasse des restaurants est agrandi et surplombe la mer, et la plupart des enfants qui venaient solliciter les touristes ont été mis à la porte. Quelques-uns réussissent à s'infiltrer, mais très peu. Les pauvres ne sont pas les bienvenus.

Nous avons ensuite été près de l'immense statue de Sandino, près de l'ancienne résidence de Somoza.

Ensuite, ce fut le tour du centre commercial le plus beau de Managua. Retour vers le Nord. La nausée des centres d'achats se répand vite, les jeunes ont déjà peur de leur prochaine visite au royaume de la consommation. Inutile de vous dire que là où nous étions, personne des familles d'accueil du barrio ne se serait sentie à l'aise. En fait, probablement qu'un des nombreux agents de sécurité se serait empressé d'aller vérifier ce qu'un petit du peuple fait là. Etrangement, tous les gens avaient la peau plus blanche en cet endroit, les gènes des colonisateurs espagnols semblaient plus présents. Le contrôle s'accroît, je n'avais pas aussitôt sorti la caméra qu'un des agents me demandait si j'avais un permis pour filmer. J'ai rangé la caméra...

Nous sommes ensuite allés voir le quartier le plus riche de Managua. En fait, nous l'avons vu de loin, parce qu'on n'a plus le droit d'y entrer. Le contrôle s'accroît. Même notre bracelet n'est plus toujours suffisant...

Retour a Nandaime. Apres le souper, nous avons eu un échange avec un groupe qui s'appelle les Caminantes del Amor. Ce groupe réunit les jeunes les plus impliqués du centre, dont Denis Gaetan, Fidia, Carlos, Elvin, Gladys, Wilber pour ne nommer que ceux-là. Suite à la récente visite de plusieurs d'entre eux au Québec, on ne savait trop à quel type d'échange s'attendre (on peut comprendre qu'ils sont sur le choc du retour après avoir vu notre société et notre mode de vie). Nous avons eu droit à un bel échange, sincère et constructif. Ces jeunes sont forts. Quand nous leur avons demandé d'ou leur vient cette force, Elvin a répondu: "L'espérance, c'est la dernière chose qui se perd. Quand on voit des jeunes de 5-6 ans travailler dans la rue, on se dit qu'on n'a pas le droit d'abandonner nous non plus". Et un autre a ajouté: "Si on se suicidait parce que ça va mal, il n'y aurait plus grand monde de vivant ici..." Ça donne à réfléchir.

Le lendemain, nous sommes partis à pied pour La Calera. Une marche de 2 heures sous un soleil de plomb. L'ombre de la maison d'Ismael et le sourire de son épouse Liduvina ont été très appréciés à notre arrivée. Répartition dans les familles (il y en a 6 à la Calera), dîner et baignade (en pensant bien sur à nos amis qui se disent qu'il fait chaud aujourd'hui parce que le mercure a atteint un gros 2 degrés...). Parlant de cette baignade, j'y ai vécu un beau moment! Marie-Michèle, Joe-Annie, Véronique et moi-même, suivis d'un peu plus loin par Christophe et Simon, remontions la rivière allant au barrage où nous nous baignons normalement pour voir des singes se balladant dans les arbres. Soudainement, j'aperçois quelque chose flottant sur l'eau... C'était une énorme araignée. Je suis tout à coup devenu l'embarcation des trois filles qui me suivaient et qui m'ont presque noyé à force de vouloir grimper sur moi pour fuir l'afffffffrrrrreuse bestiole. J'ai dû les traîner jusqu'au barrage, au grand désespoir de Christophe et de Simon qui auraient bien aimé avoir des colleux eux aussi! En passant, l'araignée était morte...

Ensuite, Ismael nous a fait faire le tour du propriétaire. L'an passé, lors de notre visite, nous avions vu les premières semences d'une future plantation de bananiers sur une terre prêtée aux gens de Nandaime en échange d'un détournement de l'eau d'une petite rivière passant par La Calera. Et bien cette plantation de 9,000 bananiers donne maintenant sa première récolte. On pense déjà à 6,000 plants de plus pour la deuxième année. Les gens de la coopérative en sont à réfléchir si ils vont écouler eux même les bananes au marché (ce qui implique l'achat d'un véhicule) où passer par quelqu'un d'autre (qui se prendra une partie des profits). Ismael espère que les ventes de l'année réussiront à rembourser les prêts de 37,000 cordobas ($3,700 CAN) qui ont été nécessaires pour le démarrage du projet. Ils n'ont pas eu assez d'argent cette année pour se payer tous les engrais et pesticides nécessaires à contrer les maladies, ce qui fait que la production est diminuée, mais les résultats sont quand même très intéressants. Un beau projet. Il se peut d'ailleurs que nous allions y travailler toute la journée samedi prochain. A suivre.

Discussion de groupe avec Ismael et Julio, souper dans les familles, suivi de très belles discussions.

Dodo dans les hamacs. Moi et Sylvie avons très bien dormi, les autres un peu moins.

Aujourd'hui dimanche, nous nous sommes affairés aux taches du quotidien dans chaque famille (quête de l'eau, préparation des tortillas, aller chercher du bois, lavage, vaisselle...), puis dîner et retour à Nandaime.

Ce soir, nous avons un entretien avec Santiago. Oui, nous sommes chanceux!

Demain, nous retournons travailler dans les collectifs (boulangerie, hamacs, centre), puis second cours de danse...

Mardi, nous emmenons les enfants des familles où nous sommes à la plage.

Bon, je vous laisse, je dois aller souper!

Sylvie m'attend, et vient de me faire remarque qu'elle a maigri... Il ne reste plus grand chose.

Et pour preuve que le Nicaragua change les gens, François tiens-toi bien, Sylvie, oui Sylvie A FAIT MON LAVAGE CETTE SEMAINE! (Malheureusement, elle n'est pas meilleure pour l'envoi de courriel... mais tout de même c'est un pas dans la bonne direction...)

A bientôt!

 Daniel  

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25 février 2003

Note de François : Le message du 21 février envoyé par Sylvie fut perdu...  Sylvie a accusé l'ordinateur de Santiago disant qu'il ne fonctionne pas avec hotmail.  Aujourd'hui Daniel a fait un test avec l'ordinateur de Santiago en m'envoyant un message sur hotmail.  Et bien oui!!!!!!  Il est maintenant prouvé que le problème était assis sur la chaise à quelques centimètres de l'ordinateur!!!  Pauvre Sylvie, elle est maintenant rendue à accuser un ordinateur sans défense... 

Bonjour à tous et à toutes!

On vous gâte cette année en battant notre record de messages. Déjà le cinquième alors que nous entamons la deuxième partie de notre séjour. Et dans le groupe, j'ai entendu murmurer des "Je n'ai pas le goût de repartir..." C'est bon signe!

 En fait, au départ, ce message devait en être plutôt un humoristique, des petits potins, étant donne que nous avions de prévu deux jours plus légers sur le plan du contenu: travail dans les collectifs, cours de danse et plage... Mais comme vous le verrez, même les jours légers laissent place à la réflexion quand on garde les yeux ouverts.

 Comme à l'habitude, je reprends donc ou j'ai laissé la dernière fois, à notre retour de La Calera. En soirée, ce jour là (François, tu dois mettre un accent grave sur le "a" de "la"...), nous avons eu la conférence sur la théologie de la libération donnée par Santiago, le fondateur du centre qui nous accueille. Ce fut une merveilleuse synthèse de sa pensée, une intense remise en question, une douce mais très sérieuse confrontation... Par quel chemin reviendrons-nous de Nandaime? Plusieurs lignes se sont écrites dans les journaux de bord des jeunes...

 Notre défi pour la deuxième semaine: dépasser les sourires et les holà! des gens pour voir la lourdeur et la misère de leur quotidien. C'est toujours difficile... et dérangeant.

Le lendemain, lundi, nous sommes retournés travailler dans les collectifs: hamacs, boulangerie, pharmacie et centre communautaire. En après-midi, nous avons eu une rencontre d'évaluation et un cours de merengue ou les accompagnateurs ont encore une fois fait la leçon aux jeunes (j'imagine que François ajoutera un savoureux commentaire ici... je tiens à prévenir les lecteurs que j'ai a l'école des preuves vidéo que François a beaucoup  plus de talent que moi!).

 Puis aujourd'hui, mardi, nous sommes allés a la plage: La Boquita. 36 degrés, l'océan pacifique, quelques nicaraguayens avec nous, une belle journée. Parlant de la température, Yessenia qui est à côté de moi me confirme que la chaleur de ces jours-ci se voit habituellement en avril. Il a fait 40 degrés dimanche... Déséquilibre écologique.  Comme ce fut beau d'abord de voir les enfants se coller contre les fenêtres du bus lorsque nous avons aperçu le Pacifique. Ceux qui y venaient pour la première fois étaient tellement heureux. Nous avions également avec nous deux mères de nos familles d'accueil ainsi qu'Alfonso (qui travaille aux hamacs) qui étaient je crois aussi excités que les enfants!  Je dois vous dire que de jouer au frisbee avec Alfonso dans les vagues m'a fait un immense plaisir. Il riait et plongeait sans cesse dans l'eau. Quel beau moment, quelle joie de lui offrir cela!

Mais ce n'est pas tout... Je vous laisse plonger dans le journal de Catherine:

 "On est assis autour de la table et on sort la nourriture prévue pour notre dîner. A côté de nous, six enfants tous en bas de 14 ans nous regardent. On peut lire la faim sur leurs visages. Je leur demande si les petites maisons de coquillages qu'ils vendent sont faites de leurs propres mains et ils me répondent oui. Ca leur prend une journée pour fabriquer une maison et ils en vendent maximum deux par jour. Je leur demande si leurs parents travaillent aussi et ils me répondent qu'ils font le même travail qu'eux: vendre différentes babioles aux touristes sur la plage... C'est donc le seul revenu de la famille. Les enfants vont à l'école l'avant-midi, travaillent l'après-midi et recommencent cette routine tous les jours en sautant probablement plusieurs repas. Je retourne à mon assiette en pensant à ces enfants qui luttent pour leur survie. On dirait que j'ai moins faim tout d'un coup..."

 Je suis plus tard allé jaser avec ces six jeunes: Gilberto, Jose Marcelino, Luis Alfonso, Denis, Carla et Maria Elena. Ils ont l'âge de mes enfants. Ils travaillent tous les jours. Ils ont faim. Ils sont magnifiques, mais ils n'ont pas d'enfance. On s'est apprivoisé pendant que je regardais les colliers qu'ils font avec des coquillages. On a parlé: comment ils font leurs colliers, leur âge, l'école... Nous leur avons donné à manger. Je leur ai acheté quelques colliers pour notre boutique de commerce équitable, et je les ai regardé dans les yeux en leur disant qu'ils ne devaient pas abandonner l'école, que la vie leur réservait peut-être mieux que ce qu'ils ont actuellement. Ils sont comme mes enfants, l'enfance en moins. Quand nous sommes partis, j'avais le goût de les serrer dans mes bras. Je leur ai redit de la fenêtre du bus de ne pas arrêter l'école, leur seule chance de PEUT-ÊTRE sortir de cette misère... J'aimerais tellement que vous puissiez sentir leur regard en lisant ces mots...

 Demain, nous partons pour une coopérative sandiniste: Pekin Guerrero. Ce sera notre deuxième nuit dans les hamacs. Vous aurez peut-être droit à un autre courriel à notre retour.

 PETITS POTINS

 Quelques erreurs de langue:

- Joe-Annie qui dit à sa famille Vamos a la Boquita porque hay mas hombre (nous allons à la Boquita parce qu'il y a plus d'hommes) au lieu de sombra (ombre),

- Marie-Michèle qui dit au père de sa famille d'accueil Quiere comer nosotros (voulez vous nous manger) au lieu de con nosotros (avec nous);

- Jasmine qui veut brasser une omelette avec une cucaracha (coquerelle) au lieu de cucharra (cuillère);

- Véronique qui demande à un jeune si il vient à la plage para la primavera (printemps) au lieu de la primera vez (première fois);

- Jessika qui dit vamos al bocadillo ( nous allons au sandwich) au lieu de Boquita (nom de la plage).

Je suis désolé pour Claire, notre prof d'espagnol qui doit être un peu découragée...

 

- Au début du stage, les jeunes se demandant pourquoi Sylvie et moi avions chacun notre chambre, je leur ai dit à voix basse: J'aime mieux ça, parce que Sylvie pue... Catherine, Valérie et Laurie m'ont regardé abasourdies en me demandant: C'est vrai?

- La première fois que nous sommes allés travailler à la pharmacie, j'ai dit aux jeunes qu'ils feraient des points de suture aux blessés... Croirez vous qu'Andréanne me croyait?

- Christophe fait du détournement de matériel scolaire: il s'essuie avec des feuilles de cartable dans les latrines.

- Je dois le dire, je me suis excusé auprès d'un arbre après l'avoir heurte de ma tête...

- Mon chapeau est sorti par la fenêtre du bus en allant à la plage, alors que nous faisions une pointe a 43 km/h.(Ce n'est pas une grosse perte, un chapeau des Expos est beaucoup plus beau et reste sur la tête...)

- Sylvie avait acheté un appareil photo jetable pour la journée à la plage. Elle l'a déplacé cinq fois en faisant son sac... pour finalement l'oublier au centre.

- Maggie a eu très peur pendant son sommeil lorsque le soutien gorge de Jessika lui est tombé dans la face.

- La mère de la famille d'accueil de Jimmy a le même âge que lui, 17 ans. Elle est très jolie, mais a un enfant et un mari...

- Jasmine et Mylène ont, elles le jurent, vu une coquerelle longue comme ça (la distance entre leurs mains fait un demi-mètre...).

- le chapeau d'Andréanne est maintenant dans le fond du Pacifique. Elle ne voulait pas attraper de coup de soleil sur la tête. Heureusement, Jasmine avait apporté deux chapeaux.

 À suivre.

On vous aime fort!

 Daniel

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28 février 2003

Bon, je crois que le dernier courriel remonte à dimanche. Les jeunes et Dan sont présentement partis à la finale féminine de soccer où l'équipe du Centre (entraînée par Danilo) joue. J'espère qu'elles vont gagner.

 Dimanche soir, nous avons eu la chance d'avoir une magnifique conférence de Santiago sur la théologie de la libération. Quel moment privilégié. Marie-Michèle vous en glisse un mot: "Si votre stage s'arrêtait maintenant et que vous arriviez à l'aéroport de Montréal et qu'un journaliste vous tendait un micro en vous demandant de dire en 2 mots ce que vous avez vécu, que répondriez-vous? Peuple chaleureux, très enrichissant, très accueillant et, il faut le voir pour le croire, sont les réponses qu'on a pu entendre suite à la question de Santiago. Moi, une de ces réponses vient me chercher particulièrement. Cette réponse est, il faut le voir pour le croire. C'est si vrai parce que c'est lorsque tu sens l'odeur répugnante du dépotoir et que tu te rends compte que 110 familles y vivent, que tes yeux brûlent à cause de la fumée que dégage le feu où 3 heures par jour les femmes travaillent, que tu vois une jeune fille de 8 ans transporter 6 litres d'eau sur sa tête sur une distance de 1 km 3 fois par jour le ventre vide que tu réalises que ses images prennent le dessus sur tes idées préconçues avant d'avoir vu la réalité."

 Je n'y ajoute rien. Les jeunes ont été imprégnés de son discours! Dan et moi aussi d'ailleurs. Quel pédagogue cet homme!

 Lundi, nous sommes retournés travailler dans les coopératives (hamacs, boulangerie, pharmacie et centre communautaire). Des 7 heures, 5 jeunes étaient à la boulangerie. Lorsque je suis arrivée plus tard, je pouvais déterminer quels pains avaient été faits par les québécois et lesquels avaient été faits par les nicas. Oh boy! Méchante différence!!! En théorie, on devait les aider... Tout ce que je souhaite c'est que tous les pains se soient vendus!!! 

A la pharmacie, Joe-Annie a réussi a éviter plusieurs gaffes du genre attraper une bouteille de sirop (collant) au vol avant qu'il n'atterrisse par terre. J'avoue que j'ai eu chaud en la voyant ainsi. Rassurez-vous, elle n'a pas gaffé... encore! 

Quant à la coop de hamacs, les jeunes ont eu à développer leur patience puisqu'ils avaient à rouler des bobines de fils vraiment mais vraiment emmêlés...

Au Centre, j'ai pris une excellente photo de Parmélie en plein travail... couchée dans un hamac!!! Vive le syndicat!

 Mardi, nous sommes allés à la Boquita (une magnifique plage). C'est pour vous écœurer un peu. Sérieusement, il fait excessivement chaud cette année pour cette période. Même les nicas souffrent de cette chaleur. Le Pacifique nous a donc bien rafraîchi. Il y avait des adultes et des enfants du barrio avec nous. Quel plaisir de les voir tous et toutes tellement heureux d'y être. Le responsable de la coop de hamacs jouait et s'amusait comme un enfant dans l'eau. Martha avait un sourire dans les yeux (qu'elle a tristes habituellement). Et les ti-pets qui s'amusaient allégrement. Juste pour revoir ça, j'y retournerais.

Daniel a beaucoup parlé avec des enfants qui vendaient des maisons faites de coquillages. Il a eu un beau coup de coeur! Je crois qu'il en a parlé déjà en ajoutant un mot de Catherine. Je vais vérifier tout ça et si ce n'est pas fait, nous vous l'enverrons bientôt.

 Mercredi (déjà le 26?), en après-midi, nous sommes partis pour Pekin Guerrero, une coopérative grande comme La Visitation, où les gens vivent vraiment de façon égalitaire. Je cède la plume à Jimmy qui vous fait part de son expérience. "Depuis notre arrivée au Nic, le groupe entend parler des sandinistes. Qu'est-ce que les sandinistes? Ce sont des gens pauvres (appauvris -note de Sylvie) ou pour les pauvres qui luttent pour obtenir des conditions plus humaines . Formant un parti politique de gauche, les sandinistes s'apparentent quelque peu au communisme, soit le droit au peuple et un niveau de vie pouvant se comparer d'un habitant à l'autre. Jusqu'a présent, notre groupe ne connaissait, que par histoire, le front sandiniste. Mais aujourd'hui, à Pekin Guerrero, nous avons vécu avec le fruit de la révolution. Cette coopérative, où les gens sont sûrement plus politisés que les politiciens eux-mêmes, fut fondée suite à l'élection remportée par le parti sandiniste en 1979. Pour avoir discuté avec ces gens, nous apprenons qu'ils ne vivent depuis que le régime sandiniste fut aboli, mais plutôt que ces gens survivent. Grâce à leur débrouillardise, ils ont su diversifier leurs cultures (voire agriculture). Sans cette innovation, la perte du peuple de Pekin Guerrero se voyait inévitable. Etant moi-même quelqu'un de politisé, les habitants de cette coopérative ont réussi à venir me chercher. Malgré les déboires de leur peuple, la corruption gouvernementale et les injustices face aux pauvres, ils gardent, dur comme fer, l'espoir que les choses vont changer, si le parti sandiniste remporte les prochaines élections. Celles-ci devraient se présenter d'ici 2006. En attendant, nous pouvons lire sur les lèvres de ces habitants " ¡Hasta la victoria finale! ".

Je n'ajouterai que ceci: la conviction de ce peuple est contagieuse! Quelle magnifique rencontre ce fut. Nous y avons soupé, dormi et travaillé un peu! Nous en revenons donc.

 Il ne nous reste que quelques jours ici. Tout passe tellement vite. Peut-être aurons-nous le temps d'envoyer un autre message? En tout cas, je veux profiter de l'occasion pour saluer les parents et pour souhaiter une bonne semaine de relâche aux élèves et aux profs (particulièrement à Jacques qui m'a remplacée, en espérant que tout se soit bien déroulé).

 Je vous aime bien fort!

 Sylvie XXX (et Dan qui se joint sans doute a moi)

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2 mars 2003 

Comme vous pouvez le constater, on a plus de temps pour vous écrire cette année! Mais ne soyons pas boulimiques, vous êtes probablement en train de lire notre dernier message, étant donné que notre expérience touche déjà à sa fin. Voici donc un résumé des activités de nos deux dernières journées.

Hier, nous avons eu l'occasion d'aller visiter deux écoles de Nandaime. Nous avons d'abord été dans l'école primaire Ruben Dario. A peine y étions nous arrivés que la cloche de la récréation sonnait, en même temps qu'arrivaient les élèves d'une autre école primaire qui venaient faire une visite. Inutile de vous dire que nos jeunes ont été inondés de petits bouts de choux qui se demandaient qui étaient ces grandes affaires blanches dans leur école. Apres avoir fait quelques jeux, dont la danse du Fada (et non bafa...), nous nous sommes dirigés vers l'institut secondaire Jose Dolores Estrada.

Cette école secondaire compte plus de 1,100 élèves qui y étudient de 7h à 12h et 1,000 autres qui étudient de 12h a 17h. Il y en a encore d'autres qui font les "sabatinas", l'école du samedi avec quelques soirées sur semaine. Nos jeunes ont assisté à une période complète de 45 minutes, dans des groupes allant de 50 a 80 élèves. Les filles qui ont assisté à un cours de mathématique ont dit que Claude Verville aurait "capoté" de voir ça. Sur les 60 élèves de la classe, il y en avait 5 qui écoutaient le prof... Faut dire qu'avec quelques jeunes blanches comme distraction, le prof n'était pas tellement compétitif!

J'ai eu l'occasion de jaser avec le prof d'anglais, qui me confiait que pour arriver, elle avait accepte 130% de tâche, ce qui lui donne 42 périodes d'enseignement par semaine. En plus, c'est elle qui coordonne l'équipe d'enseignement de l'anglais de l'école. Avec tout ce travail, elle est "privilégiée": elle gagne $250 CAN... par mois!

Les profs avec une tâche normale gagnent entre 150 et 180$ CAN par mois... Pour permettre à ceux qui ne sont pas dans l'éducation de comparer, disons qu'un prof d'expérience gagne le même montant pour... UNE JOURNEE d'enseignement. Soyons clair, le problème n'est pas au Québec, il est ici, au Nicaragua.

En après-midi, nous avons eu une conférence avec un prof d'université en travail social, Noël Gonzales, qui fait un mémoire sur les alternatives qui se développent a Nandaime. La conférence portait sur le Plan Puebla Panama, un accord financé par les pays du Nord et des multinationales pour le développement de l'Amérique Latine, dans la même ligne que la ZLEA (zone de libre échange des Amériques) et que les autres traites de libre échange. Je laisse Joe-Annie vous parler de cette conférence.

 "Nous avons eu une conférence sur la mondialisation, une conférence très enrichissante et qui nous a beaucoup ouvert les yeux sur le pourquoi de la pauvreté et de la richesse immense dans ce monde. Nous avons parlé en grande partie du Plan Puebla Panama, qui es en fait la liaison de l'Amérique Centrale, soit Puebla, une ville mexicaine, et le Panama, le pays le plus au sud de l'Amérique Centrale. Ce traite est fait pour le libre échange à travers les pays, pour que n'importe quelle personne puisse vendre à n'importe qui, n'importe où, à ses propres conditions. Même chose pour les entreprises qui veulent s'installer n'importe où et faire travailler les gens à leurs conditions.

Ce plan est censé aider la population pauvre à se remettre sur pied. Censé, dis-je.  En fait, on constate rapidement qu'il s'agit plutôt de domination. J'explique. Le budget du PPP est composé de seulement 5% pour le développement humain, c'est-à-dire permettre d'envoyer les jeunes à l'école jusqu'a la quatrième année du primaire (on se donne jusqu'en 2015 pour atteindre cet objectif au Nicaragua...). Ce qu'on veut en fait, c'est de permettre aux gens d'acquérir les compétences nécessaires pour qu'ils puissent travailler dans les maquiladoras, c'est-à-dire des usines ou ils se font surexploiter. Sans plus d'études, ils demeureront toujours dépendants de ces entreprises. Il est évident que si la main d'oeuvre est peu éduquée, elle sera facile à tromper. Donc les entreprises exploitent à fond les travailleurs qui ne peuvent rien faire, car ils ont le choix entre ce travail ou RIEN. Par ailleurs, 95% du budget du PPP est pour la construction d'immenses autoroutes traversant l'Amérique Latine, permettant ainsi le transport vers le Nord des marchandises produites à coût ridicule au Sud. Cette marchandise que l'on achète chez nous sans se demander d'ou elle vient, sans se demander même si on en a réellement besoin. Je crois qu'avec ce peu d'explications, il y a beaucoup de réflexion à faire... Le ferez-vous?"

 Aujourd'hui, samedi, nous sommes retournés à La Calera (oui, nous sommes très chanceux) pour aller y travailler dans la plantation de bananiers. Travail à la machette, une chance que Joe-Annie en avait une pas trop aiguisée, parce qu'elle a réussi à se couper un doigt. Rien de grave rassurez-vous, Sylvie a accouru avec ses onguents et diachylons. Notre contrat: couper les feuilles mortes ou vieillissantes des bananiers pour qu'elles ne nuisent pas à leur croissance et ne détruisent pas les "bébés" bananiers qui poussent autour du plan adulte et qui serviront à la prochaine récolte.

Nous sommes ensuite retournés manger dans les familles qui nous avaient accueilli la semaine passé, puis nous sommes allés nous baigner avec les enfants de Francesca et ceux d'Ismaël. Ce fut ensuite le temps de retourner a Nandaime. Au rendez-vous dans la cour d'Ismaël, Adolfo, nouveau chauffeur de bus au centre, me fait remarquer qu'une de nos filles à du tomber, parce qu'elle pleure. Je n'ai rien fait. (C'est toi qui le dit...) En la regardant, j'ai vu que c'était une des filles qui venait de dire adieu à Julio. C'est toujours dur de partir de La Calera...

A notre arrivée à Nandaime, après être débarqués, toujours cette chère Joe-Annie me fait courir après le bus qui venait de repartir parce qu'elle y avait oublié son chapeau. Apres avoir rattrapé ce cher bus jaune (j'en conviens, ce n'est pas nécessaire de courir très vite pour le rattraper...)(T'appelles ça courir Daniel???), elle monte et redescend les mains vides en me disant avec son beau sourire: "Ah, il était dans mon sac!".

 Tout fonctionne sur des roulettes. La santé de tout le monde est no 1. Vous vous demandez si nous avons eu des touristas... Voyons, bien sur! Qui? vous êtes trop curieux... De toute manière, tout ça est du passé. Tout va vraiment très bien... Et la peur du retour et des remises en question commence à être tangible. Nous aurons besoin d'écoute et de compréhension... Serez-vous la?(Bien sûr!!!!!)

 Il parait que vous vous amuser encore à aller jouer en bas des moins 20 degrés... Soyez gourmands, mangez tout ce froid et ne nous laissez rien. Jusqu'a maintenant, je dirais que nous n'avons eu que deux ou trois journées en bas de 35 degrés... On a tous oublié ce qu'est l'hiver!

Daniel

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Dernière modification: 18 janv. 2006

 

 

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