![]() |
|
Lettre de Santiago de mars 2002
Lettre de Santiago du 3 octobre 1999
Lettre de Santiago du 4 octobre 1999
Lettre de Yessenia du 4 octobre 1999
Lettre de Santiago du 14 décembre 1999
NAVIDAD de Santiago 17 décembre 1999
Lettre de Santiago du 1er mai 2000
Lettre de Santiago du 9 mai 2000
Lettre de Santiago du 3 octobre 1999
Nandaime, 3 de octubre de 1999
Merci pour m'avoir permis de vivre des moments chaleureux et inoubliables. En effet, la rencontre des groupes au Québec a été très enrichissante. C'est comme recharger ses batteries grâce à un panneau a énergie "solidaire". Nous retrouvons tous les éléments d'une solidarité active : compassion et action : le nombre incalculable de lettres est une preuve que le mal des grandes majorités, l'oubli, ne nous atteint pas. C'est vraiment la première attitude après la compassion, se souvenir, se rappeler. Ici, nous mettrons beaucoup d'efforts pour répondre et maintenir une communication constante.
Après l'accueil chaleureux de mes voisins, je vois que la petite Norma est fiévreuse de la fièvre maligne de la malaria qui fait durement frissonner, et que trois autres de la famille sont au lit, qu'il y a beaucoup de malades dans le barrio. Et je me sens envahi par une vague de désarroi et de submergement et je me surprends de la joie de tous : pas de détresse, pas de dépression, pas de désespérance. Nora et Antonia me parlent de la formation qu'elles ont reçue et de la production du collectif des hamacs... Aleida et Aracelys appartiennent au nouveau collectif de tissage et vérifient avec moi si les châles qu'elles ont commencés à faire seront achetés... Elles en tissent 4 par jour. Je me rends compte a ce moment-là que la réponse positive ou négative est déterminante pour leur vie : impasse et désespérance ou travail et dignité.
Je réalise que le lieu du pouvoir de s'en sortir et de se libérer est dans ces femmes, qu'elles maîtrisent l'ensemble du processus de solidarité : ce sont elles qui conduisent leurs luttes pour la vie, accompagnées par la solidarité essentielle des collectifs proches et lointains. Le soir, ce fut la distribution très joyeuse de vos lettres et nous avons eu une fête folklorique avec les groupes Xochil et Dinamicos. Ces jeunes grandissent en dignité, en sagesse et en responsabilité. Nous avons célébré la construction du VILLAGE SANS FRONTIERES et le souper avant Noël dans tous les "quartiers" du Village sans Frontières en même temps, Victo, Nicolet, Drummondville, Sherbrooke, Wotton, St-Lambert, Québec, Dawson, Terrebonne, Beauport, Nandaime, etc., et de la ligne conférence qui nous reliera. Une fête interculturelle incroyable. Une solidarité active et joyeuse.
Voici une nouvelle du journal EL NUEVO DIARIO, du dimanche 26 septembre.
Neo-esclavage dans les zones franches.
Les zones franches sont des parcs industriels pour multinationales. Sous prétexte d'attirer les investissements étrangers et favoriser l'emploi dans le pays, les gouvernements du Tiers- Monde construisent des hangars qui sont mis à la disposition des multinationales, leur donnent des exemptions d'impôts et de douanes, et assurent qu'il n'y aura pas de syndicats dans les usines ou fabriques. Généralement, toute la matière première provient de l'extérieur et tous les produits sont vendus à l'extérieur. À une usine de vêtements, le salaire de base est de 6-7-8 córdobas. (Rappelons-nous que les jeunes de la ferme du Centre Communautaire, travaillent le matin seulement, déjeunent à la ferme, dînent au Centre et gagnent 15 córdobas). Les travailleurs et travailleuses sont soumis à une vigilance très stricte de la part des patrons et superviseurs. Ils reçoivent des traitements injustes comme la violence verbale, le temps ou ils vont aux toilettes est mesuré, ils ne peuvent pas s'absenter pour aller voir le médecin en cas de maladie.
Écoutons le témoignage d'une jeune femme qui dénonce cette situation :"Ils nous révisent trois fois par jour. Le matin en entrant pour voir si nous avons de la nourriture. Le midi pour voir si nous avons volé des vêtements. Et le soir de nouveau pour la même raison.Il y a aussi une révision sélective : 4 personnes sont arrêtées au hasard, hommes ou femmes : ils les conduisent aux toilettes et les déshabillent complètement pour voir si elles ont volé quelque chose. Pour celles qui travaillent dans la chaleur du repassage, c'est dangereux d'être exposées nues dans des toilettes fraîches et humides".
Encore une fois, Nicaragua souffre d'un désastre naturel : les 36e et 37e ondes tropicales ont fait déborder les rivières, emporté des ponts, défait des routes, fait perdre 80% de l'agriculture. Maintenant, nous sommes aux prises avec des épidémies : choléra, leptospirosis, méningite, malaria, etc. Nandaime ne compte pas de mort. Nous sommes à organiser des visites de médecins avec consultation gratuite et distribution gratuite de médicaments et de linge. Les gens que vous connaissez sont bien malgré la situation ou, comme ils disent, 'nous sommes vivants'. Nous avons reçu une demande de Tola, un village très touché par les inondations, à 50 kilomètres d'ici, chemin a Rivas. Médicaments, argent, nourriture, linge. Nous avons du linge pour eux. Nous venons de recevoir un container de Spirale et de Collaboration Santé Internationale.
Nuevo Diario del 4 de octubre de 1999
Cifras de da¤os, damnificados y aislados, se duplicaron en menos
de 24 horas. Situacion desanFrancisco Libre, Masachapa,
Malacatoya y Tola es verdaderamente critica. Seguira lloviendo.
Viene la onda tropical no 38. Evacuan familias con helicopteros.
Hasta el sabado habian 4,000 evacuados correspondientes a 700
familias, pero ayer domingo, la cifra ascendio a 7,105 evacuados
de 1,238 familias.
Una carta de Felipe del CIVITE, cerca de Tola sobre la
desinformacion acerca del desastre: 'el silencio de la Alcaldia
y del sistema, nosotros lo ligamos a los intereses de la region
que cruzan por aqu¡.'
Pouvez-vous nous aider ?
Oui vous pouvez nous aider en vendant des bracelets et tout produit fait a Nandaime. En effet, les coopératives qui ont perdu leur agriculture nous demandent si leurs enfants peuvent faire plus de bracelets pour pouvoir survivre. Une bonne campagne de vente de bracelets dans les écoles serait NOURRITURE ET SANTE pour des milliers de Nandaimenos et Nandaimenas qui ont pratiquement perdu toute leur récolte. Les dons en argent sont toujours bienvenus pour payer de la nourriture aux plus sinistres et pour nous aider à financer la campagne de santé avec les docteurs, (leur subsistance, leur transport, et les médicaments gratuits). Sommes-nous découragés ?... la vie est très dure.Malgré ce que nous vivons, nous savons que nous ne sommes pas seuls. Nous avons votre solidarité en dedans de nous. Nous sommes 'ensolidarisés' comme ceux qui ont Dieu (Theos)en dedans sont enthousiastes.Merci de nous lire et de nous répondre.
Atentamente. Santiago.
N.B. Pour toute information supplémentaire, écrire au nom deYessenia Morales, directrice du Centro Comunitario Arnulfo Romero
Lettre de Santiago du 4 octobre 1999
Nandaime, 4 de octubre de 1999
Estimados amigos,
Les images que vous avez vues à la télévision sont vraies. Mais, tout le pays n'est pas ainsi. Si je vous raconte ma journée d'aujourd'hui, ça va vous donner une idée de la situation dans notre région.
Au lever dans le barrio Modesto Marin, les gens étaient contents parce que le soleil avait réussi à percer les nuages. Mes voisins ont plusieurs enfants malades : grippe, toux, malaria, diarrhée. C'est ce qui se passe dans tout le barrio et dans Nandaime en général. En arrivant au Centro Comunitario Arnulfo Romero, la clinique est vide. Elle est presque vide depuis quelques semaines : il pleut depuis trois semaines et les gens ont perdu leurs récoltes, les gens n'ont pas d'argent. Mais, sur le trottoir, il y a des gens qui m'attendent pour me demander si l'on peut leur donner la consultation et les médicaments, parce qu'ils ne peuvent pas payer.
En entrant à la Casa Juvenil, Jim me donne un courriel : c'est Felipe qui demande de l'aide pour Tola, un village situé a 18 kilomètres de Rivas, en direction du Pacifique. Ce village a été très affecté. Une rivière a débordé, emporte un pont, fait quelques morts et isolé nombre de personnes.
Nous (Yessenia, Marvin, Maria Marta et moi) partons pour Managua avec une camionnette et un camion pour aller chercher le container de Spirale et Collaboration Santé Internationale et de la nourriture pour les sinistrés de Tola et pour les coopératives et barrios de Nandaime les plus affectés.
En chemin, nous écoutons la Radio : que le lac de Managua a atteint le même niveau d'eau que l'an passe lors de Mitch et San Francisco Libre, de l'autre cote du las, est inondé et l'on sort les gens en hélicoptère. Que Malacatoya est isolé, Tepalon est inondé et isolé. Etc.
Je vais chercher mon courrier a Managua et j'en profite pour m'approcher du lac de Managua. Il est en effet très haut. Il se déverse d'ailleurs dans la rivière Tipitapa et le village du même nom est inondé et les écoles sont fermées. (Ce village est à l'Est de l'aéroport, comme 10 kilomètres).
Nous allons a ADP chercher le container et la nourriture. La madame en charge de la distribution me dit que les camions qui devaient aller porter du secours dans le Nord n'ont pas pu sortir parce que, dans le Nord, beaucoup de ponts ont été emportés et que de nombreuses routes ont été coupées.
Nous avons chargé notre camion et nous sommes revenus à Nandaime très normalement. Les épidémies de choléra, de méningite, de leptospirosis sont concentrés dans les régions les plus affectées.
Actuellement, au Centre, il y a 8 canadiens et tous se portent bien. Il y avait quatre jeunes québécois la semaine passée. Ils sont partis travailler à Managua, dans un quartier en construction (des sinistrés de Mitch). Ils font parti de l'équipe d'urgence du quartier. Mais actuellement, ils ne sortent pas à cause des épidémies dans ce même quartier.
L'on annonce un mois d'octobre pluvieux. Après, de novembre à mai, nous serons dans les mois de sécheresse. En décembre, la nature sera exubérante, le soleil brillera, les épidémies seront passées. Il restera une misère qui ne se verra pas, des garde-manger vides, des estomacs creux, des yeux plus brillants, de cette brillance qui nous surprend et nous enchante mais qui vient de la faim.
Merci encore une fois pour votre solidarité. Demain nous enverrons des brigades médicales dans les endroits les plus touches de la région.
Santiago
Lettre de Yessenia du 4 octobre 1999
Voici donc un message de Yessenia qui vient tout juste de me parvenir... C'est l'occasion de pratiquer votre espagnol!!!! Bonne lecture! Hola compañeros y compañeras de Canadá. Ahora busque noticias sobre la situación actual. Pues no podemos negar que es dificil para nuestro pueblo enfrentar nuevamente tales lluvias cuando nuestra tierra no se a recuperado de los daños causados por Mitch. Imagina, todavía existe gente damnificada del año pasado, personas que no recibieron ninguna ayuda, que estaban viviendo en casa de plásticos, etc. Pues con la corrupción que se vive en nuestro país es bien dificil que las donaciones canalizaban a través de gentes gubernamentales llegue eficazmente a los afectados directos. Yo diría que esta noticia asusta a la comunidad internacional, pues es aqui que se debe manifestar la solidaridad, ¿POR QUE TENER MIEDO SI QUEREMOS SER SOLIDARIOS?. LA SOLIDARIDAD DEBE SER UN ACOMPAÑAR, UN ESTAR PRESENTE. Nandaime no ha sufrido daños directos, generalmente pasa en las comunidades rurales. Aqui no hay epidemias pero en otras zonas que estan un poco lejos de Nandaime si hay. por ejemplo: en Rivas(Tola), en el ocidente del país, en el Norte y lugares del Sur que estan proximos al mar, lago o ríos. La realidad que no se puede ocultar es que esto trae más pobreza a nuestro país.(cuatro años seguido, dos de sequía y dos de lluvias ocasiona perdida de cosecha, de la producción. Trae mas hambre al país). Creo que no deben dejar de venir, aqui seremos responsables con los grupos, no vamos a meterlos en lugares de mucho peligro. Nandaime esta tranquilo ahorita no tenemos mayores problemas. He aqui noticias de los periodicos. Ayuda de BM y BID para reparar caminos REACTIVAN COMITE DE EMERGENCIA ESTEBAN SOLÍS R. El gobierno reactivó el Comité de Emergencia y no descartó la posibilidad de declarar el Estado de Alerta Amarilla si persisten las lluvias en todo el territorio nacional, anunció ayer el presidente Arnoldo Alemán tras informar que el Banco Mundial (BM) y el Banco Interamericano de Desarrollo (BID), ofrecieron una ayuda de 5 millones de dólares para restablecer los caminos afectados por las inundaciones y deslizamientos de tierras. Alemán precisó que el Instituto Nicaragüense de Estudios Territoriales (INETER), ha informado que hoy, miércoles, bajará la intensidad de las lluvias "y esperamos, en Dios confiamos" que bajen las aguas para que no suceda nada parecidos a octubre del año pasado. Según informaciones proporcionadas por el Comité Nacional de Defensa Civil, hay no menos de 100 mil personas damnificadas, sin embargo, el presidente dijo que "no es tanto" tras argumentar que no se podía precisar por el momento y admitió que hay muchos caminos partidos por la violencia de las aguas. REPARACIONES EL SABADO Confirmó que desde ayer estuvo reunido con varios alcaldes y delegados del Instituto Nicaragüense de Fomento Municipal(INIFOM), con quienes evaluará los daños ocasionados por las lluvias durante las próximas 24 horas, indicando que hay afectaciones serias en la zona occidental, en las localidades del municipio de Rivas y Las Segovias. Sin embargo, no descartó la posibilidad de declarar el Estado de Alerta Amarilla porque el mal tiempo persiste e informó que el próximo sábado, podrían salir las maquinarias pesadas a las zonas señaladas con mayores problemas. En Rivas se reportó la muerte de un joven de 19 años, varias viviendas destruidas y cultivos arrasados por las aguas, al tiempo que las autoridades de salud declaraban una alerta epidemiológica en las zonas inundadas. La Defensa Civil informó también que hay inundaciones en Matagalpa por el desbordamiento de varios ríos que cruzan ese municipio del norte. Acción Social ha enviado paquetes de alimentos a los damnificados, sin embargo, las carreteras y caminos afectados han sido un obstáculo para llegar a otras zonas en donde decenas de familias están aisladas.
Yessenia
Lettre de Santiago du 1er mai 2000
Bonjour à toutes et tous,
Des saluts fraternels et merci pour le travail de solidarité.
Voici quelques nouvelles de Nandaime, Nicaragua. Nous sommes à la veille
d'une conférence téléphonique de notre Village Sans Frontières où vous
pourrez
entrer en contact avec quelques jeunes du Village et avoir des nouvelles
des projets et des gens que vous connaissez. J'aimerais dans cette
lettre, vous parler plus de la situation générale du Nicaragua au début
du troisième millenaire.
Une caractéristique de notre temps est l'augmentation des différences
sociales et par conséquent, l'augmentation de la misère. Comparons, si
vous le voulez, les Revenus Per Capita en Amérique Centrale:
Le champion de la croissance de ses RPC est le Salvador avec un bilan
positif de + 302.23% de 1975 à 1995.
Suit le Costa Rica avec + 261.53%
le Guatémala avec + 191.62%
le Honduras avec + 175.22%
Enfin vient le Nicaragua avec une décroissance de - 45.83% de moins de
ce que recevait un habitant en 1975. Si, en 1975, un Nicaraguayen
gagnait 720$US par année, en 1995, il ne gagnait que 330$US.
Quelles sont les causes les plus importantes de cette dégringolade?
Voici quelques facteurs politiques:
1. Bien sûr en premier lieu, le fait que le gouvernement suit les
politiques néolibérales.
2. La perte de pouvoir des syndicats.
3. L'orientation des politiques fiscales en faveur des rentes du
capital et contraires aux rentes du travail.
-le niveau très bas des salaires.
-le haut niveau de chômage.
La lutte contre la pauvreté qui donne des résultats ne sont pas des
programmes antipauvretés de type assistencialiste mais bien des
programmes qui ont un impact sur le marché du travail en augmentant les
emplois et les salaires, aussi des programmes qui augmentent les
services sociaux comme l'éducation et la santé.
Voici quelques faits des derniers mois qui nous aident à comprendre
pourquoi la situation continue à pourrir.
Une enquête parue en mars sur la corruption révèle que 89% des enquêtés
croit que les ministres, les députés et les leaders politiques sont
corrompus. L'ex vérificateur général a été remplacé par un groupe de
vérificateurs qui n'ont rien trouvé d'anormal dans l'administration
gouvernementale.
L'ambassadeur des Etats Unis, Oliver Garza, disait: ''Est-ce que les
vérificateurs vont être plus capables d'accomplir leur travail qui est
d'assurer que la corruption ne soit pas effective dans les institutions
du gouvernement? Je ne sais pas. Ils disent qu'ils vont faire le
travail, mais jusqu'à aujourd'hui, il ne s'est rien passé''.
À la fin mars, le gouvernement s'est donné la tâche d'exercer un
contrôle plus efficace sur les deux milles ONGs qui existent au
Nicaragua. Celles-ci doivent travailler pour apuyer l'Etat et non
l'inverse. Aussi, si ces organismes sont autorisés à réaliser des
fonctions spécifiques d'aide et de coopération, ils ne peuvent pas se
promener disant à l'étranger qu'il ne faut pas donner d'aide au
gouvernement mais à eux parce qu'ils sont de meilleurs administrateurs.
Le 24 mai, le gouvernement du Nicaragua présentera devant les organismes
internationaux et un groupe de pays appelé Groupe Consultatif, un
document où il devra démontrer qu'il a accompli les accords de Stocolm
(mai 99). Il s'agit d'une série de lois qui permettrait de garantir la
''gouvernabilité'' et la transparence. Le climat est plutôt incertain.
Bien, voici quelques coups de pinceau pour décrire la conjoncture
nationale dans laquelle nous travaillons. A la conférence téléphonique,
nous parlerons plus de Nandaime.
Atentamente,
Santiago
Lettre de Santiago du 9 mai 2000
Bonjour à toutes et à tous !
Hier nous avons vécu notre seconde conférence téléphonique du PUEBLO SIN FRONTERAS.
Ce qui nous a frappé, à Nandaime, c'est le fait de ressentir la présence de
tous. C'est comme un cadeau que nous nous faisons. Pendant qu'un groupe parle,
pose ses questions, partage ses préoccupations ou donne des réponses, nous sentons
croître en nous un esprit d'amitié, de paix et de solidarité. La présence que
nous expérimentons alors que nous ouvrons nos esprits et nos coeurs nous donne de la
force pour continuer la lutte pour la justice.
Nous sentions aussi la présence de tous les collectifs, des gens des coopératives, des
exclus des barrios d'ici et du Québec. Nous écoutions les voix connues comme des
personnes de la famille. Nous nous réjouissons aussi des nouvelles voix comme
celles de Fermont.
Yessenia partait pour le Brésil, avec le regret de ne pouvoir partager avec nous ces
moments excitants. Elle représente le Mouvement Mondial des Travailleurs Chrétiens
à leur congrès international, à chaque 4 ans.
Voici quelques données que nous n'avons pas pu vous dire samedi soir. Elles
viennent d'une enquête réalisée en février 2000, par el INSTITUTO DE ESTUDIOS
NICARAGÜENSES, (IEN).
En campagne, tout est pire: (La Calera, Aguas Agrias, Zapatera, etc.)
Les femmes sont plus défavorisées que les hommes:
Notre peuple du Nicaragua se retrouve dans un cercle vicieux: ces niveaux de pauvreté,
d'extrême pauvreté et d'indigence font que les gens se débattent pour survivre avec une
basse capacité d'alimentation et de santé ainsi qu'une basse capacité éducative et
technologique.
Le peuple se sent assailli par des lois qui le condamnent à ne pouvoir que survivre, par
la persécution personnelle ou organisationnelle de celui qui ose critiquer le
gouvernement. Le peuple se sent sous une dictature économique lorsqu'il voit les
augmentations de l'eau, l'électricité et le téléphone.
(Le mètre cubique d'eau a augmenté de 121% depuis l'arrivée du gouvernement actuel, 1996).
(Le prix de l'électricité, dans le même temps, a augmenté de 52% et est le plus haut taux d'Amérique Centrale).
(Les appels locaux de téléphone ont augmenté de 173% de juin 1999 à décembre 1999.
Le peuple vit vraiment dans le silence et la peur.
L'organisation de la lutte au niveau national a toujours été faite par des groupes
politiques. Les deux grands partis politiques ayant signé un pacte, le Parti
Libéral (PLC) au pouvoir et le Front Sandiniste (FSLN) à l'opposition, il faut que les
syndicats et les organisations populaires prennent l'initiative. (Aussi, les
organisations qui ne dépendent pas des partis politiques sont peu nombreuses, très
limitées et avec une présence très faible).
Les enquêtes indiquent que 90% de la population reconnaît qu'il y a de la corruption
dans le gouvernement, mais personne
n'organise une marche contre la corruption. Ni les partis politiques, ni la classe
ouvrière, ni la société civile organisée. Seuls, les moyens de comunication ont
mené une lutte contre la corruption. En conséquence, ils souffrent d'une forte
répression de la part du gouvernement. Il faut que le peuple les appui.
Au Centro Comunitario, nous maintenons nos priorités: à l'interne: éducation, santé,
production; à l'externe: éducation à la solidarité, commerce équitable, lutte pour la
justice tant au niveau national qu'international. Le PUEBLO SIN FRONTERAS est une
recherche pratique d'un nouveau projet de société.
Bien, assez de chiffres pour aujourd'hui. Ces chiffres sont malheureusement
des reflets de la réalité.
Abrazos a todos !
Atentamente, Santiago
|
Copyright esjn.nicaragua Dern. modification: 18 janv. 2006
|
|